Premiers pas en Inde au Kérala

Premiers pas en Inde au Kérala

Je venais tout juste de me remettre de mes émotions suite à une expérience culinaire en Toscane. La mozzarella, l’huile d’olive, le vin, le pesto… ça, on peut dire que l’Italie vend un sacré rêve pour les amateurs de bonne bouffe comme moi.  Note numéro 1 sur la to-do list de ma vie : vivre à Rome ou à Florence, ou dans n’importe quelle ville d’Italie où se trouve tout un réseau de restaurants où je peux poser mes fesses et bénir chaque bouchée de chaque repas. Ah mince… Il y a déjà quelque chose de notée sur la liste des priorités : départ Inde J-1. Ah oui c’est vrai… Demain j’embarque dans le train puis l’avion destination Kochi (Kérala, Inde du Sud), ma valise n’est pas encore faite, je suis dans le déni le plus puissant qu’un Homme puisse se construire (c’est finalement l’alarme de l’iPhone qui me mettra une grosse claque virtuelle) : bref, tout va bien.

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L’Inde… Ce pays qui me fait vibrer mon cœur de curiosité depuis l’adolescence. Le Livre de la Jungle, Slumdog Millionnaire, Joue-là comme Beckham, Big Bang Theory, les romances Bollywoodiennes… Sympa les clichés et les images que je me fais des indiens ! Néanmoins, je ne peux m’empêcher de me dire que oui, un jour j’irai vivre là-bas (#maso).

Quand j’ai débarqué à Kochi, avec un différentiel de 15 degrés et de 80 points d’humidité atmosphérique, je dirais que c’était un peu comme la quatrième dimension. Où suis-je, qu’est ce que je fous là, qu’est ce qui m’a pris… J’étouffe dans mon jean, je n’ai pas dormi depuis 24h, j’ai pleuré environ 3L d’eau salée la veille… Encore une fois, tout va bien. La douche froide s’est faite ressentir quand j’ai vu qu’il nous fallait 3 bonnes heures pour aller dans le village qui m’accueillerait pour ma mission de 10 mois. Ça c’est fait (#danstaface).

Bon, on ne se plaindra pas des cocotiers qui m’entourent, de la Mer d’Oman à 2 min à pied, et de touuuuus ces fruits et touuuus ces légumes que je ne connais pas ou que je mange rarement car en France, tu fais trop attention à l’empreinte carbone et que tu manges local de préférence. Donc c’est parti, ici on fait valser les ananas frais et les grenades juteuses ! Au fil du temps, j’ai même commencé à apprendre la cuisine indienne, typique du Kérala. Nan, riz biryani et  poulets tandoori sont plutôt la cuisine du Nord tandis que le Sud se fait une joie de célébrer toutes les manières possibles et imaginables les curry de légumes. Par curry on entend des petits plats avec un mélange subtil d’épices. Oui autant te dire que si tu n’aimes pas le  curcuma, tu l’as bien dans le baba. Cannelle, poivre noir, chili, cardamone, curcuma, épices de madras, fenouil, cumin, anis étoilé… L’art d’assaisonner les plats est la base de la cuisine indienne.

Dans une société très codée, la cuisine n’y échappe pas ! Chaque ustensile, chaque couvercle, chaque plat, chaque ingrédient, chaque épice a sa fonction. Les combinaisons de ces dernières relèvent d’un savoir inestimable se transmettant de génération en génération par les femmes. Une belle leçon d’équilibre (mieux que le yoga je me dis parfois…). Soit dit en passant, il y a aussi l’art de bien choisir tes ustensiles, du matériel inconnu au bataillon en Europe. Bonjour l’angoisse… Ou plutôt bonjour les expériences culinaires loupées en pagaille. A noter aussi que, en milieu rural,  le frigo et le four sont comme des ex à moi : ils ont foutu le camp et je ne pense pas les revoir avant très longtemps 🙂

Voici donc quelques recettes de plats à déguster (uniquement avec la main droite 😀 )

  • Elappam (galette de poudre de blé, sucre brun, noix de coco râpée, cumin, eau, feuilles de bananiers, cuite à la vapeur) => Pas sur la photo mais dans mon estomac!
  • Ediappam (boule de nouilles à base de poudre de riz et noix de coco râpée, cuites à la vapeur)
  • Kozhakktta (boulette de poudre de riz, noix de coco râpée, sucre brun, cumin, cuite à la vapeur)
  • Puttu (petit dôme de poudre de riz, noix de coco râpée, betterave râpée cuit à la vapeur)
  • Accompagnés de curry que l’on cuisine selon nos envies et surtout selon ce qui nous reste dans le placard! (pois chiches, haricots, gingembre, cumin, chili, oignons, ladys finger, tomates, lait de coco, poivre, curcuma, avec ou sans poissons, avec ou sans poulet…)

En Inde donc, il vous faut vous munir de beaucoup de patience, beaucoup d’indulgence et beaucoup d’humilité, envers les autres mais surtout envers vous. C’est très frustrant de débarquer dans une culture si différente de la vôtre (le statut, le comportement en société, les relations, les langues…). Frustrant mais à la fois tellement intéressant car en côtoyant au quotidien des locaux, j’apprends plus vite et je me conforte dans l’idée que l’Inde est un pays d’une diversité renversante. Entre la frénésie urbaine occidentalisée et la campagne traditionnelle et normée, entre les états du Nord et du Sud, les états d’Ouest et d’Est, entre les différentes religions, entre les générations et au milieu de ces milles et une couleurs, saveurs et odeurs qui vous tapissent les sens, au milieu des paroles de Malayalam (langue régionale Kérala), des musiques guidant le danseur de Kathakali (danse traditionnelle), des chants matinaux de dévotions hindou, oui au milieu de cette folie merveilleuse….Tout change, en permanence.

C’est un tournis qui me donne une gueule de bois exquise 🙂

To be continued…

Laura

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Laura

J’ai eu un jour un déclic : et si je partageais mon amour du miam-miam ainsi que mes autres passions, c’est-à-dire la nature et l’écologie ? Sans talent particulier pour la cuisine inscrit dans mon patrimoine génétique, j’ai décidé de créer Le Monde de Berlande (Berlande en tant que pseudonyme) pour diffuser paix et amour avec des recettes simples à faire.Voir ma biographie complète

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