L’appel de la chocolatine en territoire curry

L’appel de la chocolatine en territoire curry

Si vous voulez débattre sur les appellations chocolatine/pain au chocolat, je peux vous sortir le dernier article en date sur le sujet prouvant que les gens de la (South) West Coast  ont bel et bien raison. Mais ce n’est pas la question chez Kweezine. Ici on parle de la bouffe, la vraie et l’unique, celle qui te fait pétiller le palet à chaque bouchée.

Et c’est parfaitement ce que j’ai ressenti quand je me suis rendue chez Bakery Street à Pondichéry. Qui l’eut cru que j’atteindrai le 7ème ciel rien qu’en m’installant à une table de la boulangerie/pâtisserie française de la ville indienne du Tamil Nadu. Cela faisait un mois que j’avais débarqué en Inde pour ma mission. Toute mon énergie se dépensait dans mon adaptation à cette nouvelle vie au rythme bien différent de la France (Levé à 6h, Yoga à 7h, Cuisine à 8h, Lavage de culottes à la main à 18h, Dodo à 21h). A côté, le couvent c’est une grosse blague. Le problème auquel j’ai fait face (comme une claque à la Marshall Eriksen) est le suivant : pour s’adapter au mieux et le plus rapidement possible au sein d’un pays et d’une culture si éloignée de la nôtre (comme l’Inde), j’ai eu tendance à oublier ma propre culture. Ou plutôt à la délaisser. Sauf qu’au bout d’un moment, on sent une sorte de mal être, on ne sait plus trop où l’on en est (qui, que, quoi, dont, où : le remix). C’est parti en mode Laura l’exploratrice à la recherche de sa propre identité, c’est bon ça !

 Et puis un jour ton collègue frenchy te propose d’aller passer un week-end à Pondichéry, 12h de bus de Kochi. Ça tombe bien, tu viens de fêter tes 24 ans en Sari traditionnel, autant encore plus marquer le coup en faisant un petit voyage !

Et me voilà en train d’écouter Edith Piaf « Sous le ciel de paris » sur l’IPhone et de déguster à pleines dents mon croissant, chocolatine et brioche avec des étoiles dans les yeux (paie ton cliché). Mais justement, c’est à travers ce cliché que je me suis ressourcée et que j’ai retrouvé de nouveau Laura Perez, petite bordelaise qui chérie sa région et son vin. Je me suis souvenue du pourquoi et du comment j’en étais arrivée là, de l’objectif de ma mission en Inde, de ce que j’aimerais faire, apprendre et découvrir…La mauvaise humeur et la frustration du choc culturel qui me collaient à la peau depuis mon arrivée sont parties…

Pondichéry est une ville vraiment agréable, qui se déconnecte du reste de l’Inde. On sent dans chaque coin de rue l’influence française suite à la colonisation: lycée français, noms de rue, aménagement de la ville…. Un doux lever de soleil le long de la plage, un coucou à la statue de Gandhi, une sieste matinale dans le parc, une délectation d’eau de coco fraiche pour affronter la canicule, un tour en scooter à Auroville…La côte Est c’est pas mal on dirait !

En tant que bons français morphales en manque de gras que nous sommes, mon collègue et moi avons testé un des nombreux restaurants qui affichaient le mot « Steak sauce au poivre » « Fromage » et « Chocolat ». C’était comme une drogue, on avait eu notre shoot de bonheur culinaire, on pouvait quitter ce monde en paix désormais. Mais cela ne nous a pas empêché de manger notre petit curry quotidien du midi, les bonnes habitudes ne se perdent pas. Au final, nous aussi on est déconnecté de notre pays parce que l’on est loin mais on arrive à bien mixer l’Inde et la France dans nos « nouvelles identités » d’expatriés…surtout quand on mange.

Laura

J’ai eu un jour un déclic : et si je partageais mon amour du miam-miam ainsi que mes autres passions, c’est-à-dire la nature et l’écologie ? Sans talent particulier pour la cuisine inscrit dans mon patrimoine génétique, j’ai décidé de créer Le Monde de Berlande (Berlande en tant que pseudonyme) pour diffuser paix et amour avec des recettes simples à faire. Voir ma biographie complète

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